L'étage subalpin

Des conifères (Pinacées), parents de ceux des zones arctiques, constituent les forêts climaciques. Ils sont adaptés au froid et aux sols à humus brut, acides et pauvres.

- Résistance aux gelées hivernales. Un phénomène d’«endurcissement » apparaît, en automne, lors de la diminution des jours et se traduit par des modifications chimiques des membranes et des contenus cellulaires qui retardent l’apparition du gel intracellulaire mortel. Il atteint son optimum, en janvier avec une intensité variable suivant les espèces : -15° à -20° pour le sapin, -30° pour l’épicéa, -35° pour le mélèze et - 40° pour le pin cembro. Il diminue, puis disparaît, au printemps. Ce «désendurcissement », précoce chez le hêtre qui craint les gelées printanières, s’effectue plus tardivement chez les conifères subalpins.

- Fonctions physiologiques débutant à basses températures.
Les activités physiologiques débutent à une température minimum, croissent jusqu’à une température optimum et décroissent au-delà. Exemple, pour la fonction chlorophyllienne.

Espèces T° Minimale Optimale Maximale
Chêne pubescent 20° 30°
Pin cembro -1° 10° 30°

Les résineux subalpins «synthétisent» dès le début du printemps mais l’intensité photosynthétique reste faible en raison de leurs aiguilles lignifiées (exception pour le mélèze).

Les Sols absorbants
Les humus bruts libèrent peu de nutriments aborbables par les poils absorbants radiculaires.

Apparaît une stratégie de remplacements : les radicelles sont entourées d’un feutrage de filaments mycéliens (partie végétative d’un champignon nommé mycorhize) qui pénètre, d’une part, dans les racines et envoie, d’autre part, de longues ramifications dans le sol. (Photo S 1).

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Mycorrhize de Pinus cembra. Photo S1

 

Le champignon puise ses aliments organiques (sucres, protéines) dans les radicelles grace aux filements internes tandis que les filaments externes absorbent la solution du sol et en font profiter l’hôte. Cette association à bénifices réciproques est une symbiose. Les «fructifications » des mycorhizes forment, à la surface su sol, les « champignons » des bois : bolets, chanterelles. Chaque arbre est associé à une espèce de « champignon ».

 

 

12) Série subalpine de l’épicéa

Picea abies (Pinacées)

Photos S 2, S 3, S 4, S 5, S 6, S 7, S 8, S 9.

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Picea abies. Silhouette en pointe. Photo S2 Aiguilles: Picea à gauche, Abies à droite. Photo S3 Picea abies: Tronc. Photo S4 Picea abies: cônes femelles. Photo S5
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Picea abies: ovules sur écaille du cône. Photo S6 Picea abies: graines.
Photo S7
Picea abies: Cônes mâles. Photo S8 Picea abies: grains de pollen. Photo S9

Ecologie

Supportant mieux le froid hivernal que le sapin, il se hisse dans le subalpin.

- Doué d’une grande plasticité écologique, Il s’implante de 600 à 2000m, sous toutes les expositions et sur tous les types de sols (sauf marécageux) ; toutefois des sols acides, bien alimentés en eau et aérés, lui sont très favorables.

- Un colonisateur efficace. Ses plantules héliophiles envahissent les pâturages abandonnés. Les forestiers facilitent sa dominance par des coupes d’éclaircies.

- Un enracinement superficiel le rend sensible aux chablis. Photo S 10.

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Picea abies: racines superficielles. Photo S10

-Une litière abondante et acidifiante engendre des humus de types mor ou moder.

Répartition

Abondant dans les Alpes du nord, Il se raréfie dans le Sud-Dauphiné et disparaît dans le Briançonnais plus sec.

Diversité morphologique.

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Epicea en touffe. Coupe transversale. Figure S1

 

- Epicéa columellaire. Le tronc mince et allongé porte des branches courtes, courbées vers le bas, sur lesquelles la neige glisse. Photo S11.

- Epicea en touffe. Dans le subalpin supérieur, des épicéas de faible hauteur (3 m.) sont enfouis, en hiver, sous des congères. Les branches inférieures, plaquées sur le sol, marcottent et engendrent, au bout de quelques années, de nouvelles tiges très rapprochées qui édifient un buisson de 3 à 4m de haut et de 4 à 6 m de diamètre qui résiste mieux aux rigueurs de l’hiver qu’un arbre seul. Photos S 12, S13 et Fig S 1

 

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Picea abies: columellaire.
Photo S11
Picea abies: touffe sous congère.
Photo S12
Picea abies: arbuste en touffe.
Photo S13

- Epicéa en boule. Au sommet du Subalpin, des arbres ne dépassant pas le manteau neigeux protecteur restent nains. Photo S 14 et Fig S 2.

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Picea abies. Arbuste en boule. Photo S14 Epicéa en boule. Coupe transversale. Figure S2

- Epicéa isolé. Dans des pâturages et des zones clairiérées, il prend un profil en cône avec des longues branches basses. Photo S 15

- Epicéa en massifs serrés. Le manque de lumière, à l’intérieur du peuplement, élague les branches d’où des troncs élancés et sans nœuds. Photo S 16.

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Abies alba: forme pyramidale. Photo S15 Picea abies: perchis.
Arbres élagués. Photo S16

Parasites

Le bostryche attaque et fait périr des arbres affaiblis. Photo S 17.

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Picea abies. Arbre bostryché. Photo S17

Intérêt

L’épicéa fournit un bois très recherché.

Pessières à myrtilles

Elles recouvrent des sol à humus épais, très acides et moyennement humides.

Espèces compagnes

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Myrtille-Vaccinium myrtillus (Ericacées). Sous-arbrisseau (h=40cm) à rameaux dressés, anguleux et verts. Feuilles caduques, dentées, roussissant à l’automne. (Photo S 18). Chèvrefeuille noir - Lonicera nigra - (Caprifoliacées). PhotoS 19. Homogyne alpine - Homogyna alpina (Astéracées). Photo S 20. Blechnum en épi - Blechnum spicant (Polypodiacées). Photo S 21.
Thumbnail image   Mélampyre des forêts- Melampyrum sylvaticum - (Scrofulariacées). Photo S 22.  

Saxifrage à feuilles en coin
Saxifraga cuneifolia (Saxifragacées)
Photo S 23

Mélampyre des forêts
Melampyrum sylvaticum (Scrofulariacées)
Photo S 22.

Espèces plus rares

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Listère en coeur- Listera cordata - (Orchidacées), plante menue (6cm). Photo S 24 Linnée boréale- Linnaea borealis - (Caprifoliacées). Rare et protégée. Photo S 25 Stemmacanthe rhapontique - Stemmacantha rhapontica - (Astéracées). Photo S 26

Une originalité

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Asplenium viride. Photo S27

 

Pessière à myrtilles sur calcaires massifs. Les aiguilles édifient une couche épaisse d’humus brut sur laquelle pousse la myrtille. Sur des affleurements calcaires un peu humides se fixe une petite fougère : Asplénium à pétiole vert - Asplenium viride. Photo S 27.




Pessières à airelle rouge

Sur des adrets rocailleux et secs, s’installent des pessières chétives, de faible productivité ayant surtout un rôle de protection. Photo S 28.

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Pessière d'adret. Photo S28

Principales espèces

Souvent issues des landes xérophyles environnantes à airelle rouge, genévrier nain, callune, raisin d’ours, décrites ultérieurement. (Voir groupement landes xerophyles).

Présence de la Valeriane de montagne.

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Valeriana montana (Valérianacées). Photo S 29

Pessières à hautes herbes

Installées sur des ubacs humides, longtemps enneigés, elles surmontent des hêtraies-sapinières à hautes herbes. Photo S 30.

- Végétation : Le sous bois est envahi par une mégaphorbiaie comparable à celle de l’aulnaie verte décrite ultérieurement. (Voir groupement 19). Fréquence de : Fougère femelle.

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Pessière à hautes herbes. Photo S 30 Athyrium filix femina (Polypodiacées). Photo S 31

La régénération de l’épicéa, impossible sous le couvert des hautes herbes, s’effectue sur des microreliefs : anciennes souches, bombements rocheux.

13) Série du pin cembro et du mélèze

Pin cembro=Arolle - Pinus cembra (Pinacées)

Photos S 32, S 33.

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Pinus cembra. Photos S32 Pinus cembra âgé. Photos S33

Ecologie

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Pinus cembra : tronc très agé. Photo S34

 

Sa grande résistance au froid lui permet de se hisser à plus de 2000m.

- Des sols à humus brut, sur silice, lui sont favorables ; il se raréfie sur les calcaires.

- Il préfère les ubacs qui lui assurent une bonne alimentation en eau.

- Essence de demi-ombre, il forme des cembraies adultes denses.

- Croissance lente et longévité remarquables > 400 ans dans le Briançonnais. Photo S 34.

 

 

Répartition

Son aire s’étend sur les Alpes externes et internes. Fig. S 3.

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Aire de épartition de Pinus cembra. Fig. S3

Quelques rares stations subsistent sur des massifs subalpins : Flaine, Bargy et Aravis.

Reproduction

Le pin cembro est handicapé par les aléas de sa reproduction.

- Fructifications efficaces, une année sur cinq ou six.

- Cônes globuleux ne s’ouvrant pas à maturité pour libérer les graines. Photo S 35.

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Pinus cembra : cônes femelles. Photo S35

- Graines grosses et comestibles, recherchées par de nombreux prédateurs (écureuils, oiseaux et même homme) d’où des pertes importantes.

- Graines sans ailes, non dispersées par le vent comme celles des autres Pinacées. Le salut provient du casse-noix. -Nucifaga carycactalis- (proche des Corvidés). Il ouvre les cônes, grace à son bec fort, engloutit les graines dans son gésier, les transporte et les régurgite dans de petites cavités du sol (les greniers), sur des reliefs faiblement enneigés. Il retrouve ces réserves, en hiver, mais quelques greniers sont oubliés et leurs graines pourront germer.

- Usages. Bois facile à sculpter utilisé par les artisans de vallées internes (Val d’Aoste).

Les cembraies

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Cembraie dégradée. Photo S36

Les cembraies « climaciques » constituent des forêts denses et majestueuses. Mais baucoup sont traumatisées (coupes abusives, défrichements pastoraux, extension de domaines skiables) et présentent un aspect ruiné : petits bosquets d’arolles mêlés a une rhodoraie- aulnaie verte. Photo S 36.

Des peulements mixtes : pin cembro-mélèze, traduisent la colonisation d’un mélèzéin par l’arolle.

 

Végétation compagne

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Clematis alpina. Photo S37

 

 

Les cembraies, recouvrent une lande à rhododendron et à myrtilles. Présence de la rare Clématite de Alpes. Photo S 37.

 

 

Mélèze - Larix decidua (Pinacées)

Aspect

Arbre élancé (h=20m.), pyramidal, aux branches horizontales. Ecorce épaisse, crevassée, résistante aux chutes de pierres.

Aiguilles fines, L=3cm), caduques, réunies en faisceaux de 10-15, à l’extrémité de rameaux courts (2cm). Leurs teintes varient suivant les saisons : vertes claires au printemps, vertes foncées en été, jaunes d’or en automne. Photos S38, S 39, S 40.

Cônes femelles petits, dressés, libérant de nombreuses graines ailées. Photo S 41.

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Larix decidua: jeune rameau. Photo S38 Mélèzéin: aspect estival.
Photo S39
Larix en automne.
Photo S40
Larix decidua: cône femelle. Photo S41

Ecologie

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Larix decidua: colonisation moraines. Photo S42

Ses aiguilles peu cutinisées, transpirent plus que celles des autres Pinacées aussi une bonne alimentation hydrique est nécessaire d’où son implantation préférentielle sur des ubacs. Paradoxalement, il supporte mal les étés humides des massifs subalpins et du Chablais qui favorisent des maladies fongiques et la concurrence de l’épicéa ; il préfère le climat lumineux des vallées internes.

- L’intensité de la photosynthése est supérieure à celle de l’arolle aussi le mélèze croît plus vite, à situation égale, que le cembro.

- Cette espèce héliohile ne supporte pas la concurrence d’autres arbres. Aussi les mélèzéins forment des peuplements clairs, nommés « près-bois » souvent pâturés.

- Le mélèze colonise les espaces déforestés : pelouse, moraines récentes. Photo S 42.

 

Répartition. Fig S4

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Aire de répartition de Larix decidua. Figure S4

Dans les vallées «intermédiaires» ( Argentière) et « internes » (Val d’Aoste), il se substitue aux cembraies décimées et, parfois, il envahit le Montagnard (Vallorcine).

Flore compagne

Le caractère pionnier des mélèzéins explique la diversité des sous-bois : pelouses, landes. Des cembraies-mélèzéins à rhododendron ferrugineux sont fréquentes.

Attaques parasitaires

Les aiguilles sont dévorées par la Tordeuse du Mélèze, chenille qui apparaît, massivement, tous les 7 ans. Photos S 43, S 44, S 45.

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Larix decidua. Tordeuse. Photo S43 Papillon tordeuse du mélèze. Photo S44 Larix. Attaque par la tordeuse. Photo S45

Intérêt

Son bois rosé, résistant aux intempéries, est utilisé pour les menuiseries extérieures. Le mélèze fixe des sols nus et instables (moraines). Belles teintes saisonnières.

14) Série du Pin à crochets (Pinus uncinata)

Aspect

Aiguilles vertes foncées, rigides, droites, l=5cm, groupées par deux. Cônes femelles aux écailles prolongées par un bec crochu ; base du cône dissymétrique. Tronc brunâtre, souvent tortueux. (Photos S 46, S 47, S 48).

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Pinus uncinata: cônes mâles
Photo S46
Pinus uncinata: cônes femelles
Photo S47
Pinus uncinata: cône base
Photo S48

Ecologie

Arbre frugal, il s’accommode de sols superficiels et secs (falaises, plateaux de calcaires massifs) où il résiste au froid, au vent et à l’ensoleillement excessif. Héliophile, il ne supporte aucune concurrence aussi il est relégué dans des site ingrats où sa croissance est faible. Photos S 49 et S 50.

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Pinus uncinata sur falaise. Photo S49 Pinus uncinata sur lapiaz. Photo S50

Répartition

Dans les Alpes nord-occidentales et dans la chaîne alpine. Figures S 5, S 6.

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Aire de répartition dans les alpes. Fig S5 Aire de répartition de Pinus uncinata. Fig. S6

En Hte-Savoie, la série recouvre les hauts plateaux calcaires des massifs subalpins et du Chablais. Curieusement, il s’installe aussi dans des tourbières à sphaignes (Glières, Sommand) milieux où il n’a pas de concurrent arboré.

 

Stations originales

- Des éboulis montagnards parcourus par des courants d’air froid (Cirques de La Plagne et de St-Même en Chartreuse) portent des arbres chétifs.

Flore compagne

Les pinèdes sur calaires massifs recouvrent une mosaiques de groupements.

Des affleurements rocheux portent une végétation calcicole xérophyle. Daphné striée - Daphne striata - (Thyméléacées). Photo S 51.

-Des fonds de lapiaz abritent une mégaphorbiaie. Sous des bosquets de pins, l’accumulation des aiguilles mortes engendre une épaisse couche d’humus brut sur laquelle s’installe le rhododendron. Photo S 52 et Fig. S7.

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Sol et végétation sous Pinus uncinata. Fig. S7
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Daphne striata. Photo S51 Pinus uncinata sur humus brut. Photo S52

Intérêt

Ces pinèdes ont un rôle de protection mais aucune valeur économique.

15) Série du Pin couché (Pinus mughus)

Aspect

Il diffère du pin à crochets par son tronc et ses branches couchées sur le sol en formant brousse impénétrable. Fig. S 8, Photos S 53, S 54.

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Silhouettes Pinus uncinata et Pinus mughus : Ozenda.
Fig S8
Pinus mughus. Photo S53 Pinus mughus. Brousse sur calcaire. Photo S54

Ecologie

Il colonise et fixe des pentes calcaires ensoleillées. Le port prostré constitue une bonne adaptation à un manteau neigeux instable. Répartition. Espèce des Alpes orientales et centrales qui atteint sa limite occidentale dans le Chablais français.

Intérêt

Espèce protégée en France. Le pin couché est planté pour fixer des talus calcaires.

Flore compagne

Rhododendron hirsute - Rhododendron hirsutum – (Ericacées). Feuilles vertes sur les deux faces ; des poils allongés bordent les feuilles et les inflorescences. Espèce des Alpes centrales et orientales qui atteint sa limite occidentale dans le Chablais. Photo S 55.

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Rhododendron hirsutum. Photo S55

Bruyère herbacée - Erica herbacea - (Ericacées). Raisin d’ours - Arctostphylos uva-ursi. - (Ericacées).

Groupements de substitution
les landes

On appelle landes des groupements végétaux denses et bas, (moins de 1 m.) constitués par une ou quelques espèces à multiplication végétative rapide : landes à ajoncs en Bretagne, à bruyère dans le Limousin. Les landes subalpines les plus originales sont les rhodoraies et les junipéraies. Des landes très basses constituent des « landines » (Vacciniaies, Callunaies).

16) Rhodoraies à Rhodendron ferrugineux

Rhododendron ferrugineum (Ericacées)

Reconnaissance

Tiges (L=60 cm), ligneuses, souples, incurvées vers l’aval et se couchant facilement sous la neige. Feuilles ovoïdes, coriaces, brillantes dessus et ferrugineuses dessous à cause d’un revêtement de poils en écusson roussâtres. Fleurs en tube, roses Photos S 56 et S 57.

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Rhododendron ferrug. CT feuille. Photo S56 Rhododendron ferrugineum. Photo S57

Le manteau neigeux durable le protège du froid et lui assure une bonne alimentation hydrique. La rhodoraie colonise, très lentement, des pâturages abandonnés à sols acides.

Espèces compagnes

Arbustes et sous-arbustes

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Chèvrefeuille bleuâtre Lonicera coerulea  (Caprifoliacées). Photo S 58 Myrtille-Vaccinium myrtillus  (Ericacées). Tiges vertes quadrangulaires. Photo S 59 Feuilles ovoïdes dentelées. Fleurs en grelot. Photo S 60 A l’automne, les vacciniaies se colorent eu rouge.
Photot S61

Strate herbacée

On retrouve des espèces de la pesssière à myrtilles. Homogyne des Alpes - Homogyne alpina - (Astéracées). Blechnum en épi - Blechnum spicant - (Polypodiacées).

S’y joignent les lycopodes et des sélaginelles, aux tiges herbacées, courtes, rampantes ou dressées, avec des feuilles en alêne portant, à leur aisselle, des soranges. Lycopodium selago. Photo S 62. Sélaginelle de Suisse - Selaginelle helvetica - (Sélaginellacée). Photo S 63.

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Lycopodium selago.
Photo S62a
Lycodium selago.Sporanges.
Photo S62b
Selaginella helvetica.
Photo S63

Intérêt

Très belles au moment de leur floraison, elles n’ont aucune valeur économique .

17) Landes acidiphiles Vaccinium uliginosum (Ericacées)

Vaccinium uliginosum (Ericacées)

Sous arbrisseau (h=40cm) à rameaux dressés, arrondis et grisâtres. Feuilles caduques, ovales, vertes dessus, glauques dessous. Baies globuleuses, noires et fades. Photo 64 et Tableau I.

Tableau SI : Différenciation de 3 espèces de Vaccinium.
Différenciation Espèces
Myrtille
Vaccinium myrtillus
Airelle des marais
V. uligonosum
Airelle rouge
V. vitis-idaea
Tiges Anguleuses, vertes Cylindriques, grisâtres Cylindriques, vertes
Feuilles Caduques, dentées
vertes
Caduques, entières
glauques
Persistantes, coriaces
bords enroulés
Baies Noires, bleuâtres
douces, sucrées
Noires, bleuâtres
sucréeset fades
Rouges
âpres
Ecologie Etages Mont. et subalpin Subalpin Mont. et subalpin
Orientation Plutôt ubacs Ubacs Adrets
Sols Acides, frais Très acides, un peu humides Acides ou calcaires, très secs

Ecologie

Sur des ubacs siliceux bien enneigés elle se mêle à la rhodoraie mais elle surmonte cette dernière et atteint la base de l’alpin.

Empetrum nigrum (Empétracées)

Petit arbuste, (h=20cm.). Tiges fines, rougeâtres, plaquées au sol. Feuilles linéaires, à bords enroulés, persistantes. Fruits : drupes rouges puis noires, non comestibles. Photos 65, 66 et 67.

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Vaccnium uligiosum.
Photo S64
Empetrum nigrum. Tiges couchées. Photo S65 Empetrum nigrum.Tige feuillée. Photo 66 Empetrum nigrum. CT feuille. Photo 67

Ecologie

Souvent mêlée à l’airelle des marais, elle s’accomode mieux du froid, des sols superficiels et des pentes ventées.

Aspect

Elle prennent, à l’automne une teinte roussâtre. Photo S 68.

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Landine à V. uliginosum (automne). Photo S68

18) Landes xérophyles à genévrier nain et airelle rouge

Juniperus communis subsp. nana (Cupressacées)

Arbuste plaqué sur les rocailles, (L=1 à 2m.). Aiguilles courtes (8-10mm.), courbées contre les rameaux, aiguës. Cônes femelles charnus (baies de genièvre) et noirâtres. Photos S69, S70.

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Juniperus communis. Lande. Photo S69 Juniperus nana. Cônes charnus. Photo S70

Fréquent sur des adrets rocailleux secs ; indifférent à la roche mère.

Vaccinium vitis- idaea (Ericacées)

Sous-arbrisseau (h=20cm.) à tiges vertes, fines et arrondies. Feuilles persistantes, ovales, coriaces, à bords enroulés, luisantes dessus et ponctuées dessous. Fleurs en grelot blanches. Fruits : baies rouges comestibles en confiture. Photos S71 et S72.

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Vaccinium vitis-idaea. Fleurs. Photo S71 Vaccinium vitis-idaea. Baies. Photo S72

Caractérise des stations sèches.

Raisin d’ours - Arctostaphylos uva-ursi (Ericacées)

Ses longues tiges (2m) tapissent des rocailles d’adrets. Feuilles persistantes, ovales, coriaces, à bords non enroulés. Fleurs blanches. Fruits rouges. Photos S 73 et S74.

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Arctostaphylos- uva-ursi.Tiges, baies. Photo S73 Arctostaphylos uva-ursi. Fleurs. Photo S74

Indifférent à la roche mère.

Flore compagne, sur silice

Callune - Callune vulgaris - (Ericacées). Photos S 75, S 76, S 77.

Autres espèces : Pulsatilla verna, Veronica spicata, Antennaria dioïca. Photos S 78, S 79, S80.

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Calluna vulgaris.Tige fleurie.
Photo S75
Calluna vulgaris.Fleur (blanche).
Photo S76
Calluna vulgaris. CT. feuille. Photo S77
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Anémone printanière - Pulsatilla verna (Renonculacées).
Photo S 78
Véronique en épi - Veronica spicata (Scrofulariacées). Photo S 79 Pied de chat- Antennaria dioïca (Astéracées).
Photo S 80
Alnus viridis. Tiges en crosse.
Photo S81

19) Brousses d’aulne vert

Alnus viridis (Bétulacées)

Reconnaissance

Arbuste aux branches longues (4 m), flexibles, courbées en crosse couchées sous la neige en hiver. Photos S81 et S 82.

Feuilles caduques, ovales, finement dentées. Photo S 83.

Chatons mâles, formés dès l’automne, dressés puis retombant au printemps. Photo S 84.

Chatons femelles : petits cônes qui se lignifient et libèrent des akènes ailés. Photo S 85.

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Alnus viridis: branches sous la neige. Photo S82 Alnus viridis: rameau en automne.Chatons.
Photo S83
Alnus viridis: chatons mâles, printemps. Photo S84 Alnus viridis: cône femelle lignifié. Photo S85

Racines avec nodosités fixatrices d’azote qui enrichissent les sols. Photo S 86.

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Alnus viridis: nodosités radiculaires. Photo S86

Ecologie

- Alnus colonise des ubacs à couverture neigeuse instable ; les avalanches glissent sur les branches plaquées au sol et éliminent les arbres concurrents.

- Des étés pluvieux et de hivers neigeux lui sont indispensables.

- Exigence édaphiques strictes. Optimum sur des sols acides, humides, aérés.

- Pouvoir colonisateur. Il envahit rapidement des espaces déforestés (pelouses acides).

- Il supporte mal la concurrence forestière.

Répartition

Peuplements denses sur les massifs cristallins bien arrosés.

Plusieurs faciès de l’aulnaie verte

- Aulnaies primitives. Hautes, impénétrables avec une mégaphorbiaie luxuriante, L’évolution vers la forêt est bloquée par le couvert et par les avalanches. Photo S 87.

- Aulnaies secondaires. Elles colonisent des pâturages abandonnés. Moins denses, on peut les reboisers dans des placettes débroussaillées. Photo S 88

- Aulnaies rhodoraies. Dans des situations intermédiaires. Photo S 89.

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Aulnaie primitve. Photo S87 Aulnaie secondaire. Photo S88 Aulnaie-rhodoraie. Photo S89

Espèces compagnes

Elles constituent une luxuriante mégaphorbiaie. Figure S 9.

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Végétation dans la mégaphorbiaie. Fig. S9

Adénostyle à feuilles d’alliaire - Adenostyles alliariae - (Astéracées). Photos S 91, S 92. Feuilles basales grandes, en coeur, cotonneuses dessous. Fleurs purpurines.

Tozzie des Alpes -Tozzia alpina - (Scrofulariacées). Parasite sur Adenostyles. Photo 93.

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Mégaphorbiaie. Photo S90 Adenostyles alliairiae.
Photo S91
Adenostyles alliairiae. Inflorecsence. Photo S92 Tozzia alpina. Photo S93
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Laitue des Alpes - Cicerbita alpina (Astéracées).
Photo S94
Aconit napel - Aconitum neomontanum (Renonculacées).
Photo S95
Peucedan impératoire - Peucedanum ostruthium (Apiacées). Photo S96 Pigamont à feuilles d’ancolie - Thalictrum aquilegifolium (Renonculacées). Photo S97
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Renoncule à feuilles d’aconit - Ranunculus aconitifolius (Renonculacées).
Photo S98
Epilobe des Alpes - Epilobium alpinum (Onagracées).
Photo S99
Hugueninie - Hugueninia tanacetifolia (Brassicacées). Photo S100 Athyrium alpestre - Athyrium distentifolium (Polypodiacées).
Photo S101

Autres espèces

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Streptope à feuilles embrassantes - Streptopus amplexifolius (Liliacées). Photo S 102

Sous la voûte de feuilles, s’installent des espèces sciaphiles. Violette à deux fleurs - Viola biflora - (Violacées). Photo S 103.

L’aulnaie abrite la rare Cortusa matthiol- (Primulacées). Photo S 104.

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Viola biflora. Photo S103 Cortusa matthioli.
Photo S104
Rosa pendulina. Fleur.
Photo S105
Rosa pendulina. Feuilles. Photo S106

Cette dernière espèce (Rose des Alpes), se rencontre surtout dans des zones moins denses un peu clairièrées. Photo S 105 et S 106

Problèmes liés aux aulnaies vertes

Actions positives

Fixation des horizons édaphiques superficiels qu’elles enrichissent. Rétention des précipitations ce qui diminue les risques de crues torrentielles.

Actions négatives

Les branches, plaquées sur le sol, facilitent les départs d’avalanches. Envahissement des surfaces pastorales sous exploitées.

La limite supérieure des forêts

Au-dessus de 2200m, la forêt disparaît, en raison de la péjoration des facteurs climatiques et édaphiques.

Une courte saison végétative

Elle diminue la photosynthèse ce qui ralentit la fabrication d’un tronc et des branches ; les arbres raptissent puis disparaissent.

Les basses températures hivernales

Elles tuent les arbres mal endurcis. Le refroidissement du sol arrête l’absorption radiculaire alors que les parties aériennes transpirent pendant les heures ensoleillées, d’où des risques de déshydratation.

Le vent

En été, il dessèche les rameaux ; en hiver, il projette des cristaux de glace qui blessent les branches non protégées.

Le poids de la neige

Il écrase les arbres.

Des sols superficiels et pauvres

Le rayonement UV

Associé à la réverbération solaire, il altère les aiguilles des résineux. La disparition de la forêt s’effectue au niveau d’une « zone de combat » où les arbres deviennent, progressivement, bas et déformés.

Limite actuelle et limite potentielle

La limite potentielle

Elle serait atteinte sur des pentes protégées contre les cataclysmes naturels (avalanches) et les pressions humaines. Seules les contraintes climatiques interviennent. On ne l’observe que dans certains sites. Photo S I07.

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Zône de combat (Cembraie). Photo S107

La limite actuelle

C’est celle observée dans le paysage, presque toujours inférieure à la limite potentielle, en raison des traumatismes cités antérieurement . Photos S 108, S 109.

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Lisière abaissée par avalanches. Photo S108 Lisière abaissée par pâturage. Photo S109

La forêt est remplacée par des pelouses ou des landes qui parfois peuvent être parfois reboisées. Ces pelouses de substitution offrent des affinités avec les pelouses alpines.